Un verre à la main, la tête dans les étoiles

Rendez-vous ce 16 juillet au château de Chenonceau pour une dégustation sous les étoiles. Un rêve, en quelque sorte, qui devient réalité avec les vigneron(ne)s de l’appellation Touraine-Chenonceaux et le château.

Depuis qu’ils ont lancé leur appellation Chenonceaux, les vignerons du cru ne sont pas restés les deux pieds dans le même sabot. Ils ont immédiatement compris que cette dénomination, prestigieuse s’il en est, issue d’un travail commencé en 1989, qui a débouché plus de vingt ans après (en 2011) sur ce fameux label A.O.C., suite à une longue et véritable étude de terroirs, ne pouvait pas être une fin en soi mais, bien au contraire, le début d’une longue aventure. D’abord en travaillant sans cesse sur la qualité des vins proposés, cela va de soi, mais cela va aussi et encore mieux en le disant. Ensuite, en s’attachant à une communication fine et audacieuse à la hauteur des ambitions que fait immédiatement naître une telle appellation.

Ancrée sur les deux coteaux du Cher, rives droite et gauche, cette A.O.C. bénéficie d’une réelle dynamique. On se souvient de la campagne de persuasion de ses vignerons autour de leurs terroirs, il y a maintenant deux années, qui avait permis à une bonne partie de la presse de redécouvrir ces parcelles quelque peu oubliées en regard d’appellations voisines, comme Cheverny, dans le Loir-et-Cher, ou Amboise, Vouvray et Montlouis, en Indre-et-Loire.

Sur Chenonceaux, on trouve essentiellement deux strates géologiques. Avec très peu de calcaire. Et, lorsqu’il y en  a, il se trouve trop en profondeur pour influencer vraiment les vins, sauf exceptions. Ici, c’est le royaume des silex, des perrons, des pierres siliceuses plus lourdes chargées de fer. Ces pierres ayant la capacité d’accumuler la chaleur du jour pour la restituer la nuit. Cela tombe bien puisque les sommets des coteaux ont justement besoin d’être réchauffés.

Quant aux cépages, ce sont bien entendu des terroirs à sauvignon pour les blancs (avec des rendements de 60 hectolitres par hectare au plus). Pour les rouges, c’est le cabernet franc et le côt (malbec, 50% de l’assemblage) qui tiennent le haut du pavé.

Forts de ces terroirs et de leur adéquation à ces cépages, les vignerons, également en appui sur la production de bouteilles bien travaillées, ont su, peu à peu, attirer à eux un public de plus en plus curieux. En ce sens, Touraine-Chenonceaux a une belle carte à jouer pour emmener la clientèle potentielle en balade sur des chemins… en dehors des sentiers battus, tout en restant accrochés à la tradition.

En partenariat avec le château de Chenonceau, l’un des plus célèbres du Val de Loire, où Catherine de Médicis a apporté l’art de la table à l’italienne, ce qu’on oublie d’ailleurs trop souvent, Luc Poullain, le président du Syndicat, et ses amis vignerons ont initié, une belle dégustation sous les étoiles dont ce sera, cette année, la troisième édition. Une manière de naviguer dans le rêve. Comme les organisateurs le disent : c’est l’occasion de « partir flâner un verre à la main dans les jardins illuminés du château de Chenonceau, bercé par la musique d’Arcangelo  Corelli, dans un cadre majestueux. » Difficile de faire mieux en la matière, il est vrai…

Les femmes ont le premier rôle

Du côté du château, on est ravi de cette association. « Historiquement le vin y a toujours été présent », explique Caroline, chargée de la communication. « Avec des vignes et un très beau chai. » Et si le château a, par la suite, choisi de confier l’exploitation de ces vignes et leur vinification à la famille Godeau des Caves du Père Auguste, il reste en étroite proximité, non seulement avec cette famille mais avec l’ensemble des vignerons de l’appellation. « Il y a quatre ans », poursuit Caroline, «  ils sont venus voir notre conservatrice, Laure Menier, très sensible à cette question viticole, et nous ont demandé si on ne pourrait pas faire quelque chose ensemble. Comme nous sommes toujours très sensibles aux produits de qualité, et les vins d’ici le sont, nous nous sommes dit que nous pouvions créer un événement en commun. Sans compter que dans l’appellation on trouve beaucoup de viticultrices, et jeunes, souvent, qui plus est. » La Nuit des Etoiles était ainsi pratiquement née puisqu’elle verra le jour, si l’on peut dire, un an plus tard. Une nuit dans laquelle, on le voit, les femmes jouent un grand rôle. Logique en regard de l’Histoire du château.

Mais cette manifestation se double aussi d’une cérémonie de murage de certains vins. Les meilleures bouteilles de l’appellation pour chaque millésime, ou en tout cas déterminées comme telles par un jury de vigneronnes, sont retenues pour être vendues dans le cadre d’une vente aux enchères cinq ans plus tard au profit d’une association. Une sélection qui bénéficie chaque année du soutien d’une marraine.

Quelle nouveauté en 2016 ? Un dîner gastronomique avec des accords mets et vins concoctés pour l’occasion par le chef étoilé Christophe Canati en accord avec les vignerons (vins choisis par un jury féminin) qui se déroulera dans l’Orangerie. Un repas sur réservations à ne pas manquer. Amoureux désormais de la région, Christophe Canati, souhaite mettre en lumière ses vins et produits locaux lors de cette soirée, grandiose, n’ayons pas peur des mots.

Pour tous renseignements :

Pour le château et les réservations pour le dîner (cent places) : www.chenonceau.com ou restaurants@chenonceau.com

Pour l’appellation, www.vintourainechenonceaux.fr  ; tél : 02 54 75 55 96