Dégustation sous les étoiles à Chenonceau : le mariage de la vigne et du château

Une nouvelle fois, la soirée  » Dégustation sous les étoiles  » a été un succès populaire. Les vins de l’appellation Touraine-Chenonceaux ont bénéficié du cadre somptueux du château éponyme pour montrer leur savoir-faire. Retour sur cette superbe manifestation qui a eu lieu à la mi-juillet. Un temps fort de l’été.

Avant de se coucher pour de bon, le soleil s’est payé quelques fantaisies comme il sait le faire en été. Il a teinté d’un jaune tendre le tuffeau du château de Chenonceau. Puis, il a embrasé l’horizon d’un orangé que Turner en son temps avait parfaitement croqué au fil de la Loire.

Là, nous sommes sur le Cher, mais le soleil garde les mêmes effets séduisants, sur cette eau qui opère toujours ce miracle de magnifier la nature, travaillée ou non par la main de l’homme.

Par la grâce des propriétaires du château des dames, cher à Diane de Poitiers et de Catherine de Médicis, et par l’initiative réussie des producteurs des vins de Touraine-Chenonceaux, le spectacle a pris du volume, de l’intensité, en ce soir de juillet, pour le plus grand plaisir de l’œil et des papilles.

 » La Dégustation sous les étoiles  » a dressé, en effet, une douzaine de chapiteaux blancs, papillons éphémères le temps d’une nuit où les vignerons ont attendu les curieux, touristes, amateurs de vins, de pierre et d’histoire.

A 21 h 30, 2.000 personnes à vue de nez, ont emprunté l’allée principale telle la mer en période de grande marée, se répandant dans la cour d’honneur. Impressionnant. Des  » envahisseurs  » paisibles dont la particularité était de poss2der un verre à la main droite et un smartphone à la main gauche pour immortaliser la soirée. Nous les comprenons. Il était important de garder en mémoire et en palais ce plaisir rare : passer du sauvignon joyeux au tandem des gais lurons côt et cabernet franc au pied du château et du Cher, mais aussi dans la grande galerie.

Il soufflait aussi une bise romantique parce qu’il n’y a rien de plus beau qu’un château la nuit. Comme ne pas se sentir transporté dans le jardin de Catherine de Médicis illuminé, arrosé d’une musique baroque ? Comme ne pas se sentir ému par le jardin de Diane de Poitiers à la symétrie lumineuse, dessinée par quelque magicien de l’architecture ? Et que dire des arches du château ou encore des vitraux de la chapelle ?

Un cadeau du passé que ce château. Un cadeau du présent que ce vin de Chenonceaux. Deux cadeaux pour l’avenir…

Jean-Eric ZABRODSKY